La cité saturne
de Hisae Iwaoka
La Terre a fini par devenir inhabitable et est devenue une zone protégée, interdite d’accès.
Les hommes se sont exilés dans un anneau de verre autour de la planète et attendent qu’elle redevienne viable pour y retourner. La société s’est organisée à l’intérieur sur 3 niveaux :
le niveau supérieur constituant la classe sociale élevée et ayant une vue sur la Terre, le niveau du milieu étant une zone libre, et celui du bas, accueillant les classes pauvres ouvrières. Les deux classes sociales n’ayant quasiment aucun contact entre elles, ils évoluent dans deux réalités différentes.
L’histoire a pour héros Mitsu, fils d’un laveur de carreau qui a disparu lorsqu’il nettoyait les vitres extérieures de l’anneau. A peine 15 ans, le jeune garçon décide de reprendre le travail de son père, bien décidé à découvrir les raisons de sa disparition et rêve de le retrouver sur Terre.
Ce manga seinen, plutôt tranche de vie, est pour moi un véritable coup de cœur, surtout car il ne ressemble à aucun autre. Son graphisme déroutant, un peu épuré et enfantin fait penser au Petit Prince, autant par sa simplicité que par sa poésie. A sa lecture, on se retrouve détendu et apaisé. J’ai tout de suite été conquise par le scénario original et par les personnages attachants des laveurs de carreaux. Petit à petit, à travers les missions périlleuses de « nettoyage » de Mitsu, nous découvrons tout un monde sous ses pieds. Chaque vitre nettoyée à son histoire, apportant du bonheur à son habitant. Au fur et à mesure que l’histoire évolue, une autre trame se tisse, celui du projet d’une poignée d’ouvriers de monter une expédition secrète (et interdite) sur Terre. Sa progression lente et voulue donne du charme à ce manga frais et très travaillé, autant contemplatif que reflétant de nombreux problèmes de la vie réelle.
Sa légèreté peu passer pour superficielle et naïve, la lenteur de sa progression découragerait un lecteur habitué à un certain dynamisme. Il faut donc être assez ouvert et posé au moment de la lecture, au risque de passer à côté de cet œuvre magique, pourtant un ovni dans son genre.